Les bureaux de L’Interligne fermés jusqu’à nouvel ordre

Le gouvernement de l’Ontario a décrété la fermeture des lieux de travail à risque d’ici 23h59 le 24 mars pour prévenir la propagation de la COVID-19. Nos locaux à Ottawa resteront donc fermés au-delà du 30 mars et ce, jusqu’à nouvel ordre. Lire le communiqué du gouvernement de l’Ontario.

L’Interligne poursuit tout de même ses activités en télétravail, tournée avec détermination vers la rentrée littéraire 2020. 

À titre de rappel, vous pouvez facilement joindre les membres de l’équipe par courriel :

Suzanne Richard Muir : direction@interligne.ca
Rachel Carrière : comptabilite@interligne.ca
Lisanne Rheault-Leblanc : communication@interligne.ca /  819-701-2866
Jean-Nicolas Paul : stagiaire@interligne.ca

Nous vous tiendrons informé.e.s de l’évolution de la situation.

D’ici là, nous envoyons à tous et toutes une bonne dose de courage et d’espoir pour traverser ce moment difficile.

Pour vous procurer tous nos livres déjà parus (en version papier ou numérique), nous vous encourageons à soutenir les librairies indépendantes en visitant Leslibraires.ca.

L’équipe de L’Interligne

Renseignements :

Lisanne Rheault-Leblanc
communication@interligne.ca

L’Interligne reporte la parution de ses titres d’avril-mai 2020

Compte tenu des circonstances exceptionnelles auxquelles nous faisons présentement face avec la pandémie de COVID-19, L’Interligne repousse la sortie de ses livres prévue en avril et en mai 2020 à une date ultérieure:

La Neva pour se retrouver, Marise Gasque (roman jeunesse)
Tango, Daniel Castillo Duranto (nouvelles)
À l’aube du destin de Florence 2, Karine Perron (roman jeunesse)
Levants, François Baril Pelletier (poésie)

Les nouvelles dates de parution vous seront communiquées prochainement.

Veuillez de plus prendre note que ces événements sont annulés ou reportés:

24-29 mars / Festival VerseFest d’Ottawa
28 mars / Rencontre avec Carlos Taveira à l’Alliance française de Toronto
4 avril / Salon du livre de Vancouver

Bon courage à tous et toutes en ces temps incertains. N’hésitez surtout pas à communiquer avec nous ! La façon la plus rapide de joindre les membres de l’équipe en télétravail est le courriel.

Source :
Lisanne Rheault-Leblanc
Agente de communication
communication@interligne.ca

Mot du théâtre franco-ontarien 2020

Ça commence avec le cœur.

Avec la première fois qu’on s’assoit dans une salle de théâtre et qu’on est renversé. Moi c’était en quelque chose comme 1998, au Centre national des arts, devant La mandragore de Machiavel. Je ne me souviens même pas ce qui m’avait tant renversé : les comédiens? la scénographie? le texte? Ce n’est pas important. Je me souviens seulement que c’était la première fois que je m’assoyais dans une salle de théâtre et que je sentais mon cœur battre.

Ça commence avec les tripes. Avec l’émotion qu’on ressent au fond du ventre en voyant quelque chose se passer sur scène. Qu’on ressent au fond du ventre quand les lumières s’éteignent, quand retentissent les premiers applaudissements, quand on a l’impression que le spectacle existe juste pour nous. Ça commence avec le frisson qu’on ressent en créant. Avec la première fois qu’on sent que quelqu’un, même une seule personne, est suspendue à nos lèvres, happée par notre décor, transportée par nos mots, renversée par l’univers des possibles qui s’ouvre sous ses pieds. Ça commence avec la sensation de danger. Nos tripes savent que ces moments-là ne se reproduiront plus jamais.

Ça commence avec le corps.

Avec la première fois qu’on monte sur une scène, la première fois qu’on enfile un costume, la première fois qu’on illumine quelque chose de beau, la première fois qu’on sent qu’on touche presque à la vérité, la première fois qu’on entend ses mots dans la bouche d’un comédien, qu’on partage des rires en salle de répétition, qu’on voit notre vision se concrétiser sur la scène. Ça commence avec cette sensation que notre solitude s’efface, petit à petit, qu’on arrive à entrer en relation avec les autres. Le théâtre est une façon pour que les humains puissent parler aux humains et ça, notre corps le sait.

Ça commence avec la tête.

À la rencontre de mots qui nous chamboulent, d’images qui nous touchent, de théories qui nous font questionner l’art, la pratique, le monde. Avec notre tête qui nous dit qu’on a de la chance, tellement de chance, de vivre ces moments éphémères. Ça commence quand on se dit que ce qui se passe sur une scène, que ce moment magique de rencontre avec l’autre, avec les autres, est exceptionnel.

Ça commence avec les veines.

Dans nos veines coule un besoin viscéral de se faire raconter des histoires. Un besoin viscéral d’inventer. De communier avec les autres, d’être en relation avec son environnement, avec le rêve, le désir, le tragique, le rire, le meilleur, le pire. D’être en relation avec l’humain. D’être humain. Le théâtre existe, sous une forme ou une autre, dans toutes les cultures, depuis des millénaires. On le sait dans nos veines.

Le théâtre est un art fondamentalement humain.

Le théâtre, l’art, nous apprend à être humain, nous apprend à parler aux humains, nous aide à réaliser que nous ne sommes pas seuls, que nous n’avons jamais été seuls. On essaie de nous faire croire que nous sommes divisés. Tous les systèmes en place essaient de nous le faire croire. Mais le théâtre, l’art, nous rappelle, encore et encore, que nous ne sommes pas seuls, que nous ne sommes pas si différents. Le théâtre met en lumière les points de rencontre entre nous et le monde, les points de rencontre entre nous et les autres.

Nous sommes des multitudes.

© Mishka Lavigne, 2020