1. Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans cette œuvre, en tant que traducteur?
Le roman tisse deux histoires qui se recoupent – l’une se passe dans le Berlin d’aujourd’hui, l’autre nous transporte à Toronto, une vingtaine d’années plus tôt. Cet aller-retour entre deux mondes, entre deux cultures, donne une richesse au livre qui m’a beaucoup plu – entre autres parce qu’elle reflète ma propre réalité, qui oscille entre le Canada et l’Allemagne. Je ne connaissais pas Menaka Raman-Wilms, mais je suis tombé sous le charme de son style d’écriture, à la fois sobre et imagé. Les passages, notamment, où elle décrit le monde végétal – des algues marines, un arbre au cœur d’un immeuble qui a survécu aux deux guerres mondiales, des racines qui s’entremêlent sous la terre – sont baignés d’une douce poésie que j’ai eu beaucoup de plaisir à traduire.
2. Quel a été le défi de traduction le plus intéressant à relever?
J’essaie toujours d’accorder une attention particulière aux voix des différents personnages. Rien ne m’agace plus que des dialogues guindés, où tous les personnages semblent s’exprimer de la même façon.
3. À qui recommanderiez-vous ce roman?
À toutes celles et ceux qui n’ont pas peur de jardiner sur un toit! Blague à part, je sens que tout le monde y trouvera son compte – tant les fans de thrillers que de romans qui abordent des thèmes comme l’amitié, l’écologie et le choc culturel. Rares sont les livres, par ailleurs, qui traitent du masculinisme – pourtant sujet d’une grande actualité, et la source de mille maux. Plus généralement, les lecteur·rice·s qui apprécient une histoire bien ficelée – du genre slow burn – seront bien servi·e·s.
4. Sans divulgâcher, quelle scène vous a fait vivre le plus d’émotions fortes et pourquoi?
Un soir de pleine lune, les personnages de Nabila et de Tierney s’aventurent dans un parc d’attractions abandonné à la nature. Le vent fait grincer le vestige d’une grande roue, elles tombent sur de vieux pédalos en forme de cygne qui ont littéralement perdu la tête. Cœurs sensibles s’abstenir.
5. Piquez notre curiosité en décrivant cette œuvre en trois mots :
Quelqu’un meurt.