1. Le Pic paraît cet automne 2026 aux Éditions L’Interligne et nous avons hâte de le découvrir chez nos libraires préférés. Pouvez-vous nous raconter en quelques mots comment l’idée vous est venue et quel est le déclencheur qui vous a poussé à écrire ce roman?
Au tout début, je travaillais sur un recueil de nouvelles d’horreur. Cependant, après avoir écrit deux pages, le personnage m’a conquis. Il méritait sa propre histoire. J’avais aussi envie de réfléchir au quartier où j’ai grandi et de parler de la réalité des logements sociaux.
2. Dans ce roman, le personnage principal est un jeune âgé de 15 ans. En tant qu’écrivain, qu’avez-vous ressenti lorsque vous vous êtes mis dans la peau de cet adolescent d’ici pour mieux le raconter?
Je me suis souvenu de toute l’incertitude qu’on peut ressentir à cet âge, surtout lorsqu’on n’a pas de modèle positif. Comme lui, j’avais un certain retard scolaire et je me souviens de l’anxiété que cela me causait. Ne pas avoir de direction et porter une étiquette de marginal peut détruire l’estime de soi.
3. Dès les premières pages, le lecteur est d’emblée saisi par deux éléments forts : la description physique du jeune et celle de son quartier que l’on qualifierait poliment de « peu recommandable ». Pourquoi avoir choisi ce profil en particulier pour votre intrigue?
Les projets de logements abordables au Canada sont rarement au cœur des livres ou des films. J’avais envie de parler de ce mode de vie que nous connaissions dans les années 1990. Les adolescents qui grandissent dans ce contexte sont souvent moins encadrés, ce qui peut entraîner des conséquences désastreuses.
4. Originaire de la région de l’Outaouais, vous êtes un intervenant social auprès de personnes vivant avec des enjeux de santé mentale. Pensez-vous que votre parcours professionnel et vos origines ont influencé l’écriture de ce roman?
Absolument. En ayant travaillé auprès des personnes en situation d’itinérance pendant quelques années, j’ai vu plusieurs individus de mon quartier se retrouver dans la rue ou passer par la prison. Je crois que beaucoup ont été victimes de leur environnement, et je trouve cela profondément injuste.
5. Le romancier est généralement réputé pour sa manière d’inspirer de fortes émotions à ses lecteurs. En tant que tel, quels sentiments espérez-vous susciter auprès du public à la fin du livre?
J’espère inspirer les gens à persévérer malgré les défis qu’ils rencontrent. Nous sommes tous capables de changer. Il suffit parfois d’une étincelle d’espoir et du soutien d’une personne de confiance.
6. La publication d’un premier roman est toujours une étape marquante pour un jeune écrivain. Dites-nous, quel a été le plus grand défi auquel vous avez été confronté durant cette aventure littéraire?
Pour ma part, je suis passé par toute une gamme d’émotions. Souvent, je manquais cruellement de confiance en moi. Se lever un matin et se dire : « Moi, j’écris un livre », peut sembler farfelu, voire irréaliste. J’ai souffert du syndrome de l’imposteur pendant un certain temps, mais j’ai fini par gagner en confiance.