Livres

Le deuil tardif des camélias
Le roman de Daniel Leblanc-Poirier nous révèle le portrait décapant d’une génération nihiliste. Ce récit met en scène une jeunesse désœuvrée composant avec le chaos frénétique de son existence. Ce sont des étudiants qui ont quitté le foyer familial, mais qui n’ont pas réussi encore à fonder un foyer à eux.
Le roman s’adresse à un public large souhaitant plonger dans le vide intérieur qui caractérise cette jeunesse. L’auteur se livre à une étonnante déconstruction des barrières psychologiques et des conventions sociales. Dans un style haletant, il nous révèle crûment le monde intérieur d’êtres humains qui nourrissent une quête qui ne s’avère finalement qu’une fuite.
Le deuil tardif des camélias est un roman abrasif. L’auteur incite le lecteur à se questionner sur son propre destin et sur le vide qu’il peut trouver sur son chemin. Un livre primordial pour qui veut saisir la jeune génération qui s’étourdit dans une incontournable frénésie.

Le gardien du phare et la sirène
Le premier roman de Gilles Grenier révèle des personnages attachants et charmants. L’histoire se déroule dans des lieux pittoresques. L’auteur nous offre un splendide roman sentimental bien assaisonné d’un mélange de suspens et de mystères qui tient le lecteur en haleine.
Il s’agit d’un récit séduisant qu’un vaste public appréciera pour sa prose d’une tendresse rafraîchissante et pour la magie onirique, qui nous guide vers un univers à découvrir absolument.
Le gardien du phare et la sirène est l’œuvre divertissante et inspirante d’un nouvel auteur qui, sans prétention, gratifie ses lecteurs d’un cadeau littéraire digne de contribuer au plaisir et au divertissement de chacun. Un livre indispensable pour qui s’interroge sur la vie et la mort.
Finaliste - Prix Québec-Ontario 2017

le souffle des dragons
« depuis des années le dragon du quartier
cache des vers sous son matelas comme sa mère cachait de l’argent
pour acheter des œufs et du beurre »
Cet extrait de l’œuvre poétique le souffle des dragons, de Michel Dallaire, reflète une dimension importante aux yeux de l’auteur. Celui-ci porte un regard tendre et lucide sur l’expérience quotidienne. Quelques mots, immédiatement assimilables, lui suffisent pour créer une atmosphère particulière, à la fois onirique et pragmatique, qui est unique dans la littérature poétique franco-ontarienne. La démarche du poète s’accompagne d’une mélancolie riche en sentiments, alimentant son écriture qui recense à l’envi ce qui peut être perçu dans le spectacle du quotidien, et qui lui confère un caractère universel : ce qui est à la portée de tout un chacun, parce qu’il est senti par un véritable poète, résume le sens de la condition humaine. Le recueil de poésie gravite autour d’un thème fondateur récurrent : d’une part, la crainte obsessionnelle de couler dans une forme de nostalgie, la peur de sombrer dans le chaos ; d’autre part, le sentiment angoissant de l’innocence juvénile perdue. Dallaire a émaillé cette thématique d’une critique sociale pertinente. le souffle des dragons, suite poétique homogène, atteste l’émergence d’une conscience individuelle, sans jamais se complaire dans le discours dé- risoire du « déshérité » de la terre, qui s’imagine reproduire la triste volonté d’une communauté aliénée. Au contraire, cette conscience du narrateur, qui se confond avec celle du poète, s’emploie à reconstituer la signification secrète de l’expérience humaine, dans son aspect le plus intime.

À l’aube du destin de Florence
Karine Perron entame sa carrière d’écrivain avec ce premier roman. Elle a choisi d’entremêler réalité et fiction avec brio dans un récit plein d’émotions, d’humour et de suspense.
Son héroïne, Florence, effectue sa rentrée à l’école. Au cours de l’été, sa meilleure amie Marianne est partie en Floride et elle doit affronter seule une nouvelle année scolaire avec la peur au ventre. Comment évitera-t-elle les mauvaises plaisanteries d’Alex et de sa bande sans la complicité de Marianne ?
Heureusement pour elle, dès les premiers jours de classe une nouvelle amitié se développe avec Mélanie jusqu’à ce qu’Amélie, la fille la plus populaire de l’école, demande à Florence de se joindre à sa clique. Sa nouvelle relation avec Mélanie est entachée par les manœuvres d’Amélie, mettant Florence dans l’embarras. Elle doit donc prendre des décisions importantes : choisir entre la notoriété et l’amitié.
De plus, de nouveaux voisins viennent d’emménager dans la maison voisine et Florence découvre à la fenêtre un jeune homme de son âge, Antoine. Il semble avoir investi la chambre en face de la sienne. Ce voisin beau et mystérieux se fera de plus en plus présent. Toutefois, au fil des jours, Florence découvre qu’un étrange secret plane autour de son voisin Antoine.
Toutes ces nouveautés la transportent loin de sa mélancolie et tant de choses arrivent en si peu de temps. Pourtant, le destin n’a pas oublié Florence, car il lui réserve bien des surprises…
Lauréat - Prix littéraire ÉMERGENCE-AAOF 2018

Le petit Abram
Le roman de Philippe Simard, Le petit Abram, trace un portrait touchant et dur de la vie dans une société rongée par la misère chronique et la soumission aveugle à la tradition. La naïveté du jeune Abram, son amour inconditionnel pour Zaéma, sa grande lucidité et sa révolte tranquille font du narrateur un personnage attachant. L’auteur a trouvé une forme d’écriture qui permet au lecteur de s’immiscer dans l’intimité d’un rêveur qui connaît les dangers de l’exil.
Le roman s’adresse à un très large public qui saura apprécier le roman organisé comme un journal d’adolescent, lieu de dévoilement d’un monde intérieur riche et tragique. Philippe Simard réussit à nous amener dans l’universel par la création d’une histoire qui pourrait relever du mythe, dans son sens le plus noble.
Le petit Abram est un roman éclatant de beauté et de réalisme. L’auteur porte le lecteur à réfléchir sur les grands enjeux contemporains autour de la migration, qu’elle soit la conséquence de la guerre ou encore de la pauvreté séculaire. Un livre indispensable pour comprendre ces questions de l’intérieur.
Lauréat - Prix littéraire Le Droit 2017

Peau
Le 2 septembre 1999, Paul Picard conduit sa voiture en direction de l’hôpital. Sa femme, Francine, est sur le point d’accoucher de leur deuxième enfant. Catherine, leur fille de six ans, est assise sur la banquette arrière avec son toutou, George la girafe. Un accident vient tout changer et propulse les membres de la famille dans des univers fantasmagoriques incompatibles. Quinze ans plus tard, Catherine, devenue adulte, enceinte à son tour, doit retourner chez ses parents pour affronter ses peurs. Par l’écriture, le jeu et la cinématographie, Marie-Claire Marcotte explore les blessures de l’âme, qu’elle tente d’éclairer avec autant d’humour que possible. Son texte puissant met à l’avant-plan la tentative de résilience et le désir de vivre.
Finaliste - Prix Québec-Ontario 2017

Zizanie dans l’armoire
Pour son deuxième album illustré, Cécile Beaulieu Brousseau est descendue de l’arc-en-ciel de ses petits elfes voyelles pour entrer dans les secrets d’une ancienne armoire à linge animée. Dans un chalet aux meubles familiaux datant de la première moitié du 20e siècle, une petite nappe de dentelle, crochetée à la main, est déposée par erreur sur la tablette d’un couvre-lit de satin gonflé d’ouate et d’orgueil. La zizanie éclate dans l’armoire. Napie, toute douce et gentille, tente tant bien que mal de résister à l’intimidation exercée par monsieur DuVêt. Il s’ensuit une aventure amusante où les péripéties vécues par les deux personnages les entraînent vers un virage de situation aussi imprévu que rigolo.
Cette histoire originale sort de l’imagination fertile, débordante de fantaisie, d’une auteure dont l’enfance fut meublée des objets anciens de la ferme de ses vacances. Sa création littéraire, entièrement originale, donne lieu à un conte amusant, une excellente invitation aux parents à parler d’intimidation avec leurs jeunes enfants. Elle constitue une anecdote qui procurera de doux souvenirs aux grands-parents, à transmettre à leurs petits-enfants.
Finaliste - Prix littéraire Le Droit 2016

Le mystère des billes d’or
Sur une planète lointaine, vit une colonie de robots, tout comme les humains abondent sur la Terre. Un couple de robots qui s’aiment tendrement décide de fonder une famille. Afin de fabriquer des bébés robots, le robot mâle doit transférer des billes d’or de sa boîte dans celle du robot femelle. Hélas ! Lorsqu’il ouvre sa boîte, il s’aperçoit qu’elle est vide… point de billes d’or !
Le couple éploré accepte avec joie les billes d’un robot donneur par l’entremise du docteur Poupon. Et maintenant, pour leur grand bonheur, quatre petits robots roulent allègrement autour d’eux dans la maison.
Racontée avec subtilité et adresse, cette petite histoire didactique sur l’infertilité s’adresse aux enfants de quatre à six ans.
Bardé de diplômes – droit civil/common law à l’Université McGill, Programme international à l’Institut d’études politiques de Paris et bac ès arts à l’Université McGill –, Jules Asselin dévoile dans ce récit tout en finesse littéraire et subtilité avant-gardiste comment l’on peut résoudre des problèmes d’infertilité.
Finaliste - Prix littéraire du Gouverneur général 2016

La coureuse des vents
Le premier roman de Louenas Hassani est une véritable lumière dans le contexte du retour des religions dans l’espace public et plus précisément d’un Islam politique mondialisé qui infiltre les sociétés laïques et séculières, et remet en cause jusqu’à la plus simple des expressions humaines. Louenas Hassani possède une éblouissante écriture à mi-chemin entre la poésie et le roman. Ce roman s’adresse à un public large qui souhaite comprendre le monde actuel devant des tragédies qui se déroulent sous nos yeux. Cette œuvre redéfinit les frontières pour mieux les abolir ; elle rappelle la fragilité de la condition humaine ; elle célèbre l’altérité et le bonheur. Vous lirez un ouvrage qui prend ses distances par rapport aux clichés orientalistes.
La coureuse des vents est un roman d’une grande beauté et d’une grande sensibilité. Un livre essentiel qui rappelle que vivre ensemble, dans la paix, est une valeur fondamentale à rechercher. Il nous ramène aussi à l’origine du hidjab.
Finaliste - Prix Québec-Ontario 2017

À l’épicentre de l’éternité
À l’épicentre de l’éternité, de José Claer, est une œuvre poétique dont le thème essentiel audacieux envisage l’ici et maintenant telle une urgence à lire l’univers comme s’il s’agissait d’une tornade ou, en langage hyperbolique, d’un milk shake aux fraises. Au dire du poète, qui s’employait à s’occuper pendant ses « nuits blanches qui ne fermaient pas à clef », son recueil s’adresse aux amoureux des mots qui souhaitent vivre l’émerveillement ineffable de l’existence et parvenir, grâce à la magie incantatoire d’une parole libérée des clichés et des poncifs d’une époque sclérosée, à transgresser les limites imposées par une structure sociale insensible à la « différence ». Car, il convient de le reconnaître, le « je » de l’écriture porte sur l’ambiguïté d’une adolescente métamorphosée, phénomène physiologique dû à la transsexualité, en un homme qui, désormais, refuse de passer sa vie à se sentir un imposteur, comme le chevalier d’Éon. À l’épicentre de l’éternité n’est pas une œuvre de fiction, mais un témoignage sincère d’une expérience intérieure qui s’inscrit parfaitement dans un discours idéologique postmoderne qui tend vers la reconnaissance des grandes constances de l’humanité en marche vers elle-même, vers un plus-être.

Les voyages de Caroline
Rosemary Doyle prend plaisir à transmettre, par le biais de son écriture, ses connaissances sur les cultures étrangères. Elle fait participer son héroïne Caroline, âgée de neuf ans, à une fiesta mexicaine organisée par son école, où avec ses copains et copines, ils se partagent des enchiladas et font éclater des piñatas, ainsi qu’à un dîner chez une amie grecque qu’elle vient de rencontrer, où elle se dévoue à manger des mets qu’elle ne connaît pas, mais desquels elle se régale finalement.
En outre, elle raconte avec humour les attentes de Caroline qui, invitée par sa correspondante brésilienne, part la retrouver avec ses parents à Rio de Janeiro en plein cœur du carnaval. Elle y admire : les chars allégoriques, les costumes pailletés et rutilants, les chants, les danses endiablées, les feux d’artifice et la langue portugaise qui sonne drôlement à ses oreilles, ainsi que la statue du Christ Rédempteur qui trône à bras ouverts sur le rocher mythique de Rio.

La Grande Illusion
Le roman de Stéphanie Corriveau brosse superbement le portrait d’une génération obsédée par les jeux de rôles. Son récit, mettant en scène V. et quelques personnages en orbite autour d’elle, est douloureusement amusant. La culpabilité n’est jamais loin, mais elle est camouflée par la dimension ludique qui a pris une tournure maladive.
Le roman s’adresse à un public large qui aime à réfléchir à partir d’une structure narrative organisée comme une œuvre des arts visuels. L’auteure s’applique, dans une prose bien ciselée, à nous dévoiler le monde intérieur de V. Elle s’approprie une manière de vivre qui tutoie l’anomie. L’auteure nous propose un antidote puissant qui ne peut que ramener à la vie réelle.
La Grande Illusion est un roman éblouissant, qui entraîne le lecteur dans un jeu où la fiction et la réalité deviennent indissociables. Il s’agit d’un livre incontournable pour qui veut comprendre la génération des trentenaires.

Amorragies
S’inscrivant dans la mouvance de l’écriture poétique postmoderne, et encore imprégné de l’influence de Gaston Miron, en particulier de « La marche à l’amour » (dans L’Homme rapaillé), le recueil Amorragies, de Daniel Groleau Landry, s’enrichit de la thématique identitaire : comment vivre « l’essentiel », dans un univers socioculturel où l’économique prime toute considération ?
Cette œuvre pose la question fondamentale : l’amour auquel on aspire, vers lequel on tend, pour lequel on vit, est-il humainement envisageable, ou fait-il partie des mythes surannés qu’une société résolument matérialiste s’évertue à déboulonner ?
Dans cette optique, Amorragies est une œuvre poétique axée sur l’exploration de la déchirure amoureuse, qui offre au scripteur la possibilité d’une rédemption : on sent que le poète, grâce à l’expérience du langage, qui lui permet de se délivrer, puise en son tréfonds, dans des sources qu’il ne connaissait pas, et dont il ignorait jusqu’à l’existence, l’élan, la pulsion, pour entrevoir une véritable renaissance.
Même si cette œuvre de Daniel Groleau Landry ressemble à une « plaie béante », qu’il aurait décousue, par un jeu narratif délibéré, il n’en demeure pas moins que le poète s’est livré tout entier, au profit de tous ceux qui n’ont pas la parole.
Mention d'excellence - Prix des écrivains francophones d'Amérique 2016
Finaliste - Prix littéraire Émergence-AAOF 2017

Un voyage inattendu
Maximilien se fait garder par Alexandra et Jérémie. Il est 4h44, Maximilien incite Alexandra à faire un vœu l’informant qu’il se réaliserait incessamment lorsque les aiguilles de l’horloge indiqueraient trois chiffres pareils. Alexandra souhaite apprendre l’histoire du monde ailleurs que dans ses livres. Ils se retrouvent alors tous les trois dans une grotte près de la Rome antique où ils ont l’heur de rencontrer Jules César et de passer avec lui une soirée inoubliable.
Le lendemain, à 4h44 précises, ils sont projetés à l’époque des dinosaures. Au moment même où ils risquent de se faire manger tout cru, ils sont à nouveau transportés ailleurs, se retrouvant dans la ville de Florence à l’ère de la Renaissance. Une femme merveilleuse les accueille, les invitant à passer la nuit dans sa maison. Le lendemain, elle leur demande de l’accompagner chez un peintre qui doit faire son portrait. Les trois amis sont interloqués lorsqu’ils s’aperçoivent que ledit peintre n’est autre que Léonard de Vinci – et elle, la fameuse Mona Lisa. Ils voudraient bien rester pour mieux les connaître, mais 4 h 44 sonne le départ : ils sont téléportés en France au Moyen Âge.
Les évènements se gâtent lorsque, par un mystérieux concours de circonstances, Jérémie doit affronter en tournoi le chevalier qu’il a osé défier. Vraiment, il est plus qu’urgent de rentrer au bercail, mais nos héros le pourront-ils vraiment ou continueront-ils d’errer d’une époque à l’autre ?
Finaliste - Prix Tamarac 2017

lanterna magica / la lanterne magique
Lanterna magica présente le thème fondamental de l’écriture poétique postmoderne : envisager la relation entre deux êtres, en l’occurrence entre un homme et une femme, dans une perspective véritablement unifiante.
Cette problématique contemporaine ne cesse d’interpeller la poète, qui propose, dans cet ensemble de textes, une dynamique qui renouvelle, en l’embellissant mystérieusement, cette aspiration humaine universelle.
Aux yeux de Margaret Michèle Cook, par le truchement d’une écriture dont l’élégance le dispute à la subtilité de son intention profonde – favoriser des échanges entre les êtres qui se cherchent, se côtoient, se perdent de vue, et se retrouvent dans une échappée pleine de promesse –, il existe des affinités révélatrices entre le monde de la pensée consciente et le langage qui illustre, dans une imagerie suggestive qui le singularise, ce parcours des humains perpétuellement en quête d’horizons à découvrir, à connaître, à explorer au fond de soi – voyage en conjonction avec l’Autre que l’on désire découvrir, voire faire renaître, dans la parole qui est unique, dans la parole comme une formule magique qui brille dans le cœur d’une lanterne.

Mots qu’elle a faits terre
Bien que le recueil Mots qu’elle a faits terre découle d’une démarche réflexive créatrice, à l’issue de la disparition soudaine de deux femmes aimées, objets de la dédicace de l’œuvre, il semble, au dire de l’auteur Gilles Latour, que les poèmes ne soient ni biographiques, ni autobiographiques, ni anecdotiques : il estime qu’ils n’affichent aucune prétention à raconter leurs histoires – même s’il n’a cessé, au cours du processus de son écriture poétique, de se sentir habité par la présence de ces chères disparues.
Ce qui caractérise l’œuvre poétique de Gilles Latour – particularité observable, toujours en filigrane, dans ses recueils précédents –, c’est l’attention qu’il porte à l’éternelle solitude de l’humain, certes sollicité par des stimuli extérieurs, interpellé par l’aiguillon de la mémoire charnelle, encore en proie à des envies qui fermentent, qui émergent et qui finissent par s’éparpiller au fil du temps.
Mots qu’elle a faits terre, au-delà de ce qui est raconté et qui plonge le lectorat dans une atmosphère essentiellement féminine, dans l’ambiguïté polymorphe de sa représentation symbolique, offre une possibilité d’interprétation polysémique, à l’instar de la poésie qui demeure l’image réelle de la vie exprimée dans une parole qui ne peut pas mourir, qui ne veut pas mourir.
Finaliste - Prix de poésie Trillium 2016
Finaliste - Prix du livre d'Ottawa 2016

Les aventures du pirate Labille, tome 2
Vous sentez-vous l’âme d’un pirate en quête d’aventures insolites ? Avez-vous le pied assez solide pour vous aventurer dans les hauteurs des arbres à 10 mètres au-dessus du sol? Alors accrochez-vous bien, car vous vous engagez dans un voyage littéraire, Direction nord, signé par Mélissa Jacques : son nouveau roman, le tome 2 des Aventures du pirate Labille.
Ce récit de 72 pages, qui s’adresse aux enfants de 6 à 9 ans, met en scène un pirate en herbe et son groupe d’amis, flibustiers dans l’âme. Cette deuxième odyssée de Billy, alias le pirate Labille, nous amène Zoé, une fille qui sort d’on ne sait où, et sa chienne Pistache, presque aussi grande qu’un âne.
Curieux et inconscients, le pirate Labille et ses flibustiers décident de suivre cette jeune fille à l’esprit vagabond. Les voilà aussitôt suspendus dans les airs, parmi un nuage de mouches de glace, sur une passerelle fragile et branlante formant des couloirs d’un arbre à l’autre. Mais où donc les emmènent Zoé et Pistache ?
Pourront-ils revenir sur la terre ferme ? La passerelle tenue par des toiles d’araignées, qui se balance sous la poussée d’un vent nordique, tiendra-t-elle dans les branches ? L’astucieux pirate Labille pourra-t-il sortir ses camarades de cette impasse ?

Le long hiver du jardinier, tome 3
Michèle Matteau se penche avec une grande finesse sur le deuil, qu’elle conjugue à plusieurs temps. L’absence, la trahison et le lâcher-prise obligé devant la maladie ou le vieillissement sont abordés sans complaisance dans Le long hiver du jardinier. Ce roman de 272 pages s’adresse à ceux et celles qui ont dû, dans de telles situations, réorienter leur vie.
L’auteure nous livre dans une magnifique prose le monde intérieur du jardinier Léandre Arcand, qui ressasse ses souvenirs au centre desquels trône Florence. Son absence le hante, surtout après sa découverte du journal qu’elle tenait au cours du dernier été qu’ils ont passé ensemble à Villery.
Le long hiver du jardinier est un roman remarquable. L’auteure berce le lecteur dans une saudade où s’entrelacent ce qui fut et ce qui aurait pu être. Un livre essentiel pour qui a besoin d’entendre encore palpiter la vie sous le poids givré de l’hiver.
Finaliste - Prix du livre d'Ottawa 2016

Magalie et son fantôme
Écrivaine à la plume fertile, Carole Dion nous transporte encore, avec les mêmes personnages que ses deux romans précédents, dans les méandres de son imagination débridée. Des charades sur le tableau de la classe, un rideau qui bouge et une ampoule allumée dans une maison inhabitée troublent Magalie et aiguisent sa curiosité déjà insatiable.
Un fantôme s’est-il glissé à la fenêtre de la maison jaune abandonnée ? Qui écrit les charades et pourquoi ? William, meilleur ami de notre héroïne, peine à suivre ses élucubrations. Au contraire d’un Sam très sceptique, la copine Coralie veut démasquer le « fantôme ».
Olivier, nouvel élève arrivé du Congo, se greffe au groupe d’amis de Magalie. L’attitude de la fougueuse fille aux taches de rousseur, qui fonce à la moindre colère et guide ses compagnons vers des aventures insensées, le déroute.
Mais est-elle le jouet d’une illusion ? Le jeu de ouïja pour questionner les esprits pourrait éclairer ces jeunes curieux sur le sort de la maison désertée. Mais que vise le mystérieux rédacteur des charades ?

Les trésors tamisés
François Baril Pelletier considère la poésie comme un phénomène spirituel, dans lequel l’auteur devient un canal de l’énergie intérieure. Dès lors, il s’y livre tout entier, comme dans une transe.
L’écriture est alors assimilable à une constante réflexion qui rêve, devient un flot toujours ivre et sondeur. L’on sent une profonde recherche des façons de changer, d’évoluer, de trouver quelque chose de plus vrai, de plus beau. À sa manière, il incarne le désir rimbaldien de « changer la vie ».
Pour ce poète, qui ne craint pas de renouer avec les sources intérieures, le vrai et le sublime constituent des phénomènes universels accessibles à tout un chacun. En ce sens, François Baril Pelletier, engagé dans une quête qui dépasse les contingences ordinaires de l’existence, entrevoit ces vérités, oubliées à une époque meurtrie par les drames politiques et personnels, et élève son regard dans une perspective sanctifiante où les moindres choses révèlent la profondeur intrinsèque de la vie elle-même.
Finaliste - Prix littéraire du Gouverneur général 2015

Mots et marées, tome 2
Carlos Taveira s’intéresse à l’histoire lusitanienne et aux empreintes que des personnes mal connues ont laissées, entre autres, en Nouvelle-France. L’auteur nous livre, comme un historien et un anthropologue, un texte bien senti et très fouillé portant sur les rapports entre les différentes classes sociales dans un pays jeune. Il s’attarde à la vie d’une femme vivant au plus bas de l’échelle sociale, une esclave noire d’origine portugaise. En 1734, Marie-Josèphe-Angélique est accusée et convaincue d’avoir mis le feu à la demeure montréalaise de ses maîtres, provoquant la destruction d’une quarantaine de maisons de la rue Saint-Paul. Crime qu’elle avoue sous la torture. Entre l’imaginaire et la réalité, Carlos Taveira donne la parole à plusieurs femmes habitant l’intérieur de celle qui sera pendue à Montréal.
Mots et marées, tome 2 : Les maux de Marie-Josèphe-Angélique est un roman historique remarquable tant par la rigueur des faits rapportés que par la maîtrise de l’écriture, alors que l’écrivain utilise une langue collée à l’époque. Il s’agit d’un roman essentiel pour qui s’intéresse à l’histoire des mentalités et des petites gens.
Finaliste - Prix Trillium 2016

Flavie des vents contraires
À Cap Maillant, la vie défile de génération en génération. Claudine Ducasse nous offre une œuvre attachante et réconfortante. L’auteure est une conteuse née.
Dans ce roman, l’auteure explore, avec une belle sensibilité, le présent dans une perspective de mieux connaître le passé. Tous les personnages restent profondément humains, par leurs passions, leurs déceptions et leurs rêves. L’auteure expose finement les détours et les retours que réserve l’existence. Claudine Ducasse nous offre une œuvre pleine de suspens. Elle nous tient en haleine jusqu’à la fin de son histoire.

Beaux et bêtes
On connaît les beaux, mais aussi les bêtes. Une belle bête tout autant qu’un beau bête. Bêtement, les humains s’installent dans des situations où l’échappée belle confine à la catastrophe. En fait, on s’en tire mal.
Les 15 nouvelles de ce recueil portent toutes un nom associé aux animaux élevés en totems. Elles écorchent les tabous. Elles explorent les relations fille-mère, homme-femme, amour-haine, conscient-inconscient. Elles écorchent les lieux communs. Elles font fi du normal et de l’anormal. Un recueil de nouvelles remarquables, percutantes, intrigantes.
Michel-Rémi Lafond, dans Beaux et bêtes. Portraits en bestiaire, n’hésite pas à aborder des questions fort dérangeantes qu’il traite avec humour et humeur. On ne peut que se reconnaître ou identifier quelqu’un de notre entourage dans ces portraits que l’auteur dresse sans aucune complaisance et parfois d’une manière crue.
Michel-Rémi Lafond a choisi Gatineau comme lieu où se déroulent les actions et où vivent les personnages. Il souhaite ainsi créer des espaces où l’imaginaire colle au réel. Ce recueil de nouvelles puissant ne laissera personne indifférent !
Finaliste - Prix littéraire Le Droit 2016
Finaliste - Prix coup de coeur littéraire Ville de Gatineau 2016

Neuvaines
Dans Neuvaines, premier recueil de poésie de David Ménard, se dévoile un personnage qui évolue au milieu de sa passion trouble pour un être désormais absent. Sous un ciel avare de réponses qui reçoit toutes les litanies, où la fin du monde cligne des yeux devant le Mal, le sujet qui s’énonce tend à matérialiser cette absence au moyen de prières et à rendre davantage palpable ce qui est disparu. Avec une foi inquiétante derrière laquelle se dissimulent tour à tour le vide, le désir et le deuil, il adresse des neuvaines à un Être auquel il voue un sombre culte.
L’auteur témoigne de l’amour à notre époque, où sévissent l’hyperconsommation, l’hypersexualité et l’individualisme exacerbé. À l’heure où les grandes vérités s’effondrent et où l’amour et la sexualité n’ont plus rien de sacré, le couple, en tant que modèle unissant deux personnes dans l’exclusivité amoureuse, éclate. De nouvelles valeurs entraînent nos contemporains à exiger plus de liberté dans leurs rapports. Le choc, ou encore la vacuité, que produit cette nouvelle réalité affective, l’intéresse passionnément. Il tenait également à revisiter son héritage religieux, à se l’approprier et à revendiquer son droit à des croyances qui n’ont rien à voir avec les sophismes qu’on lui avait autrefois transmis.
Dans cette société postmoderne, perçue comme une jungle hirsute peuplée de demi-vivants, David Ménard nous propose, dans sa ferveur nourrie par l’émotion charnelle restaurée, de transformer l’obscurité, inhérente à la condition humaine, en lumière.
Lauréat - Prix des écrivains francophones d'Amérique 2016
Lauréat - Prix de poésie Trillium 2016
Finaliste - Prix littéraire Émergence-AAOF 2016

L’arbre qui voulait être entendu
Aveuglé par son désir de devenir l’ami des humains, un grand hêtre s’égosille à attirer leur attention. Si les humains ne l’entendent guère, lui aussi reste sourd aux revendications de ses voisins – les autres arbres de la forêt – constamment dérangés par son manque total de respect envers leur besoin de silence et de sommeil. Puis un jour, alors qu’il est devenu vieux, le hêtre se rend compte que toute sa vie il a poursuivi un objectif insensé. Sa leçon apprise, il décide de passer le restant de ses jours en arbre digne de la forêt. Et pourtant, en secret, son cœur continue de chérir le souhait impossible… jusqu’à la fin. Le jour de gloire où les humains pourront enfin l’entendre ne surviendra-t-il jamais ?
La plume aérienne et philosophique de Diya Lim, accompagnée du pinceau subtil de Ninon Pelletier, nous entraîne dans un monde végétal vivant de toutes les fibres de ses feuilles. Un monde où la tranquillité doit régner en maître, mais où un hêtre dissident décoiffe les règles de la communauté des arbres pour aboutir à son rêve le plus fou.
Les mots simples et les magnifiques illustrations de cet album feront la joie des enfants.

Mon univers est un lapsus
Reflet esthétique d’une aventure langagière, Mon univers est un lapsus, de Gilles Latour, repose sur la perception d’un univers – social et culturel, voire cosmique –, en mouvance constante, soumis à des forces essentiellement aléatoires qui déterminent des répercussions, tant chez les individus que dans les collectivités : conflagrations psychologiques, mutations des structures affectives, intimes et linguistiques, catastrophes dites naturelles.
Le recueil s’articule autour de l’hypothèse théorique, en psychologie, qui prétend que de banals accidents de langage révèlent les pulsions du subconscient ; ainsi les « lapsus », observés à l’échelle cosmique, seraient-ils des aperçus d’un « surconscient », dont le caractère imprévisible et la violence infinie même révoqueraient en doute la légitimité de l’existence, ou, du moins, la fragilité des amours humaines, la précarité des idéologies philosophiques.
Le recueil s’ouvre sur 11-3-11, date du séisme et du tsunami qui ont dévasté le Japon, voilà quelques années : le 11 mars 2011. La dispersion des images poétiques, la disposition typographique et les parcours de lecture suggérés font pendant aux paysages disloqués, médiatisés à l’époque. La force du désastre et les retombées nucléaires, attribuées à la technologie humaine, balaient et mélangent tout sur leur passage : minéral, végétal, animal – tout est brisé, tué, contaminé.
Les sections subséquentes poursuivent l’exploration, mais s’intéressent désormais aux incidents de la vie individuelle et sociale, qui surgissent à l’improviste pour secouer nos convictions intimes, nos illusions de sécurité, de stabilité et de progrès, y compris celles du langage et de la poésie. Enfin, dans la dernière section, la lentille s’élève graduellement vers le ciel : plus haut, plus loin, plus noir, plus froid… plus rien.

J’irai danser sur la tombe de Senghor
Quarante ans plus tard, le roman de Blaise Ndala revisite le « combat du siècle » entre Mohamed Ali et George Foreman en 1974 au Zaïre. Plus qu’un récit sur la boxe, c’est l’histoire de l’Afrique au lendemain de la décolonisation. Dans un style vif et incisif, l’auteur nous montre l’envers du décor d’un combat mémorable. La musique, la poésie et la magie servent à nous faire découvrir les Africains sous un jour étourdissant. Ils sont drôles, élégants, pugnaces. Tout y est: les relations campagne-ville, la dictature, la folie des grandeurs, les classes sociales, les croyances diverses, ce qui donne un caractère universel à l’œuvre.
Le personnage principal, Modéro, quitte son village pour Kinshasa dans le but de se joindre à un légendaire groupe musical. Le jeune homme y vivra des aventures et des mésaventures jusqu’à ce qu’il se retrouve dans le sillon d’un proche du président dictateur qui s’est offert le combat de boxe tant attendu et qui prétend remplacer Senghor en tant que guide du monde noir. L’éminence grise du tyran parie sur Ali, ce qui lui permettra d’obtenir un poste de délégué à l’ONU, à New York. Modéro le suivra et s’installera aux États-Unis. Son fils, Modéro Jr, y connaîtra un succès retentissant dans le style de musique rhythm and blues.
Lauréat - Prix du livre d'Ottawa 2015
Finaliste - Prix littéraire Émergence-AAOF 2015
Finaliste - Prix Trillium 2015
Finaliste - Prix Chrtistine Dumitriu-van-Saanen 2015

Mauvaise mine
Mauvaise mine met en scène des personnages qui vivent des situations difficiles : le chômage, la maladie, la solitude. C’est surtout difficile pour Alain Laflamme, un adolescent de 17 ans, et sa famille qui cherchent leur part de bonheur en essayant de surmonter les défis qui empoisonnent leur existence. On ne contrôle pas toujours les événements qui se retrouvent sur notre chemin, mais on peut agir pour les influencer et améliorer nos vies.
L’histoire se déroule à Rivière-la-Loutre, au sein d’une communauté durement frappée par la fermeture de sa mine. Lorsque l’entreprise Solutions 3000 propose un projet d’enfouissement de déchets dans la région, les habitants doivent choisir entre les emplois qu’elle fait miroiter et un environnement sain.
Le choix est déchirant pour Alain Laflamme. Doit-il combattre le projet pour gagner l’estime de Catherine, une militante environnementale qu’il aime, ou plutôt se ranger du côté de son père qui décroche un emploi avec Solutions 3000 ?
Mauvaise mine, un roman pour jeunes de 12 ans et plus, s’inspire librement de certaines situations réelles qui ont marqué l’histoire écologique récente de l’Ontario. Il explore les relations humaines et le thème de l’engagement envers la protection de l’environnement.
Lauréat - Prix du livre d'enfant Trillium 2015

Un Franco-Ontarien parmi tant d’autres
À quoi cela rimait d’être Franco-Ontarien dans les années 40, 50, 60 ou 70 ? Où en est le Franco-Ontarien typique d’aujourd’hui ? Aux prises avec un malaise identitaire qui perdure depuis des décennies, le Franco-Ontarien sait-il vraiment, de nos jours, sur quel pied danser ? Portés par leur désir de combler les individus, les propagandistes de la Charte des droits et libertés de la personne les ont-ils, au bout du compte, dépouillés de l’essentiel, c’est-à-dire de leur identité ? Les minoritaires francophones de l’Ontario en ont-ils fait les frais ? Autant de questions que soulève Elmer Smith, un Franco-Ontarien unique mais représentatif de sa génération, voire de celles qui lui ont succédé.
Témoin éclairé de la Révolution tranquille, l’auteur fait état, en rétrospective, de la problématique du Franco-Ontarien, cet être social hybride tiraillé et ballotté, issu d’un métissage culturel et d’une identité tronquée. Un Franco-Ontarien parmi tant d’autres expose une vision lucide et propose une issue sereine à la complexité et à l’ambiguïté de cette problématique identitaire, en une sorte de testament – véritable visage du Franco-Ontarien qu’il a toujours été – que nous lègue l’auteur octogénaire.
Finaliste - Prix du livre du président de l'Assemblée législative de l'Ontario 2014

Violoncelle pour lune d’automne
Entre Sudbury et le Maroc, des vies se font et se défont au gré de traces bien inscrites dans la chair et dans la tête. Michel Dallaire, un écrivain chevronné, présente une œuvre d’une grande beauté tant par son style et les thèmes qu’il y aborde.
Dans ce roman à trois voix fortes (père, mère et fille), l’auteur explore brillamment les détours de vies attachantes empreintes de bonheurs et de bouleversements artistiques et amoureux. La poésie et la musique y jouent des rôles fondamentaux, où le violoncelle devient un personnage secondaire. Michel Dallaire ausculte avec grand art les relations entre le présent et le passé. Il se penche judicieusement sur l’altérité, la mémoire et l’imaginaire auxquels s’abreuvent les humains tout au long de leur existence. Violoncelle pour lune d’automne est une création efficace qui tient en haleine le lecteur dès qu’il entre dans l’histoire livrée tout en finesse.
Lauréat - Prix Trillium 2015
Lauréat - Prix Christine-Dumitriu-van-Saanen 2015
Finaliste - Prix littérature éclairée du Nord 2015

L’enfant qui ne pleurait jamais, tome 3
Dernière tranche d’une saga autobiographique, le tome 3 de L’enfant qui ne pleurait jamais conclut l’histoire rocambolesque d’Antoine Petibonjean, un enfant maltraité, qui chercha sa voie durant toute sa vie, en quête de stabilité et de paix. Fasciné depuis son enfance par le Canada – terre des aborigènes et des bêtes sauvages –, qu’il a découvert par de nombreuses lectures, Antoine savoure ce pays tel un refuge salutaire, ou le point d’ancrage d’une vie mouvementée où il est ballotté de tous bords, tous côtés. Le rêve rejoindra-t-il la réalité ? De retour au Québec, guidé par sa bonne étoile dans le tumulte des soubresauts d’une vie trépidante, Antoine fera d’heureuses rencontres qui lui ouvriront bien des horizons.

Frédéric
Frédéric a 16 ans. Il vit avec sa mère. L’adolescent a deux passions : le dessin et madame Bénezet, son enseignante de français fraîchement arrivée de France. L’insistance de celle-ci sur le « bon parler » donne lieu à plusieurs confrontations par rapport au français écrit et oral.
De plus, il existe en toile de fond un malaise grandissant quant à certains comportements du garçon... Son monde, jusqu’à présent bien construit, bascule alors que lui revient progressivement un souvenir douloureux, une scène tellement aberrante qu’il l’avait refoulée au tréfonds de son subconscient.
Pendant qu’il tente de se réconcilier avec le terrible événement, l’adolescent se retrouve involontairement mêlé à un réseau criminel. Qui sont les gens qui l’entourent? Marco, le nouveau conjoint de sa mère. Raymond Plante, ce vendeur qui passe périodiquement voir monsieur Marin, le propriétaire du Centre Marin Service. Stéphane, le fils du proprio, qui se présente toujours au garage à l’improviste. Et les deux autres individus suspects, qu’il surnomme Mag Wheels et Jujube, qui se rencontrent souvent derrière la station-service à la nuit tombante. Madame Bénezet est-elle impliquée dans ce qui se trame ? Elle passe beaucoup de temps avec le concierge de l’école, un homme aux agissements équivoques...
Ce roman psychologique tient le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.
Finaliste - Prix littérature éclairée du Nord 2015
Finaliste - Prix Christine-Dumitriu-van-Saanen

Miroir sans teint
Ironie tranchante, humour désabusé et observations pénétrantes caractérisent Miroir sans teint, un recueil de poésie de Tina Charlebois, un mélange de commentaire social, de révélations personnelles et de questionnement identitaire. Certains raccourcis en disent plus que 1 000 images : « Mon choix de langue / dépend de mon amant / du mois ». Dans la réflexion identitaire, le vers libre cède la place à une prose poétique dont l’outrage, la dérision et le grincement relèvent de l’essai créatif et du lyrisme déchaîné.
L’humour désabusé, souvent noir, puise dans ce que la vie offre de plus « moderne » pour marquer ses points, comme les gadgets (une nouvelle application sur leur iPod) qui tiennent lieu de rêves (échantillons d’espoir) à crédit (où American Express s’exprime) en se faisant pourvoyeurs de nostalgie en conserve sur commande dans le poème « À coups de pirates ». Ailleurs, l’auto-indulgence remplace l’idéal pour produire l’obésité, et ce trop-plein de consommation est révélateur d’une affligeante pauvreté de l’imagination, du cœur et de l’âme. Alors, tout vire au faux et même le sourire n’est plus qu’un rictus involontaire.
Et cela continue ainsi de page en page, non sans des adoucissements de ton, des moments de tendresse amoureuse et de complicité sensuelle.
Lauréat - Prix littéraire Le Droit 2014

Grand-maman m’a raconté
Jeanne est abandonnée aux portes d’un couvent ; un brave chien se transforme en loup affamé la nuit venue ; un cigogneau handicapé au cœur vaillant trouve sa voie ; un petit garçon sans foyer est victime d’intimidation ; une fillette a l’imagination fertile ; Sam l’oiseau dans sa tête réalise son plus cher désir ; de jeunes phoques se disputent la succession du roi Blanc ; une grand-maman se cache dans une banque ; des géants viennent d’une autre planète pour se livrer bataille sur la terre ; un petit violon très orgueilleux part en vadrouille et un ange dodu apprend la gourmandise.
Ces onze petites histoires sont racontées dans la lignée du conte classique. Les personnages n’ont cependant rien à voir avec des princes et des princesses. Les héros épousent différentes physionomies et personnalités. Ils se promènent dans des mondes à la fois réels et farfelus.
Dominée par l’imaginaire, la narration demeure cependant à proximité d’une certaine réalité. On y retrouve le désir de maintenir le contact avec la nature, les belles images et les valeurs du conte traditionnel. Enfin, ce livre se veut un divertissement pour les jeunes et moins jeunes aimant les contes et l’évasion. Et les personnages qui y abondent vous attendent impatiemment et frétillent d’envie de vous entraîner là où vous ne pouvez aller qu’avec eux dans Grand-maman m’a raconté.
Finaliste - Prix littéraire Le Droit 2014

Mots et marées, tome 1
Pedro Da Silva est traditionnellement considéré par Postes Canada comme le premier facteur canadien. Coïncidence signifiante ou pur hasard, ce roman est lancé au moment où Postes Canada a décidé de finir avec ce métier. Il naquit à Lisbonne vers 1647, s’installa au Canada vers 1673, maria Jeanne Greslon dite Jolicœur, une Canadienne avec laquelle il eut une nombreuse descendance. Il décéda à Québec le 2 août 1717. Il est l’ancêtre de tous ceux qui portent le nom Dassylva (et ses dérivés) et d’une bonne partie des « Portugais ».
Le roman s’ouvre sur l’arrivée de Pedro Da Silva à Québec et raconte son parcours de vie en compagnie de nombreux personnages historiques ou fictifs. Du même souffle, on dévoile l’existence d’une communauté oubliée : cinq habitants portugais, qui ont vécu à Charlesbourg, Beauport et Québec. L’intrigue repose sur des faits connus de la vie de Pedro Da Silva, dont les nombreux vides sont comblés par l’imagination.
Le lecteur traverse quelques évènements marquants des débuts de l’histoire canadienne : l’arrivée de Frontenac, la guerre avec les Iroquois, l’attaque des Bostoniens à Québec, le danger des voyages sur le Saint-Laurent… Même si certains personnages importants de l’histoire de la Nouvelle-France font périodiquement irruption, l’action se développe surtout au cabaret et parmi le peuple : paysans, miliciens, donnés (des Jésuites), colons agriculteurs et coureurs de bois.
Les Indiens sont omniprésents, et un effort a été fait pour respecter la nomenclature originale des nations autochtones, en tenant compte des factions britannique et française. Ainsi, on utilise la désignation Wendats au lieu de Hurons, Nundawaonos ou Tsonnontouans plutôt que Sénèques ou Sénécas. Les rapports entre Pedro et sa bouillante épouse, Jeanne Greslon dite Jolicœur, occupent une place importante dans cette prose qui relève de l’uchronie, un genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire.

En toutes lettres
En moins de 26 lettres, celles de l’alphabet ou celles qui nécessitent des timbres et des enveloppes, Marie-Claude Hansenne réussit dans ce roman épistolaire à tracer l’itinéraire d’une femme sans nom, de son enfance belge au Congo jusqu’à sa maladie d’immigrée belge au Québec. Ce parcours est une danse en rond, où s’aimantent à la protagoniste des partenaires de fête ou de trahison, des amies, des amants, des parents qui la reflètent comme autant de miroirs-casse-têtes auxquels il manquerait un morceau; toujours le même, toujours une clef qui ouvre sur une autre porte de verre, sur un autre «je». L’héroïne est gigogne.
Et tous ces passants qu’elle a croisés sur sa ligne de vie et qu’elle nous présente par lettres interposées, qui l’ont fascinée en la façonnant, sont des êtres de chair et d’émotions porteurs de vérités interchangeables. Elle vieillit sous nos yeux, on la voit se débattre avec des réalités trop grandes pour elle, faire confiance à l’amour, se venger avec haine, tout quitter pour se retrouver enfin, être seule, être enceinte; autant de missives, autant d’étapes dans cette course effrénée qui va de la genèse de l’âme à l’apocalypse du corps.

Cantate pour un Soleil libre
Cantate pour un soleil libre est un hymne à l’amour déçu, décevant, angoissé, angoissant. Déception, désillusion à l’égard de l’aimé mais aussi et surtout du continent africain. Cantate pour un soleil libre est ancrée dans la turbulence de l’histoire africaine dont la mémoire est peuplée de martyrs pour la liberté. Poésie de lutte et d’engagement, ce chant ininterrompu aspire à l’action transformatrice, à l’affirmation collective des opprimés, à la libération des colonisés et des exploités.
Écrit sur un ton personnel, lyrique, cette cantate sous le soleil africain rend avec efficacité une pléthore de sentiments et d’émotions opposés qui se bousculent : aspiration à la liberté et passion pour la justice, volonté d’agir et révolte devant l’insuccès, désillusion et amertume. Dans un style direct, dénudé et sans ornements, mais au rythme soutenu, martelé et par endroits haletant, Cantate pour un soleil libre est une quête douloureuse de la Liberté. Liberté pour toutes et tous, partout dans le monde. Liberté de parler, d’écrire, de rêver, d’être, d’exister. La poète est hantée par l’interdiction faite à des hommes et des femmes de par le monde de pouvoir parler, écrire, rêver, être, exister librement et qui n’ont plus que la fuite et l’exil comme uniques options de vie.

L’autre bout du monde, tome 2
Trois Temples, second volet de L'autre bout du monde, récit paru aux Éditions L'Interligne en 2009: nous assistons à la mutation du voyageur errant en un penseur composé et réfléchi... Une métamorphose transcendante, soulignée par les allusions à l'écrivain Franz Kafka et l'interaction virtuelle avec des personnages de Kafka sur le rivage (roman de Haruki Murakami), sa lecture de voyage.
De retour d'un de ses nombreux périples en Thaïlande, l'auteur remporte un billet à destination du pays qu'il affectionne le plus. Ce sera l'occasion d'ouvrir des portes depuis longtemps scellées. Il arrive à Bangkok, écrasé d'emblée par l'insupportable chaleur estivale. Il part à l'improviste vers le nord du pays. Accompagné de sa guide Rai, il traverse les montagnes en direction du Triangle d'or. Tant de merveilles à découvrir mais quels dangers les guettent !
Ce voyage crée d'innombrables boucles, entraîne le touriste aguerri dans une succession de directions, suscite des plongées inattendues dans le passé, pour mieux comprendre son vécu et sonder son tréfonds.
Le paysage infiniment riche et les temples déclenchent des souvenirs qui révèlent à l'âme nomade les couches spirituelles de son être. À mesure qu'il se glisse dans un panorama idyllique, il s'enfonce dans les reflets d'un miroir multidimensionnel qui le projette à tous vents et occasionne un tangage; scaphandrier du temps et de l'espace, l'auteur frôle des vérités, à la quête du sens de la vie.
De l'autre côté du miroir, apparaissent des réponses guère rassurantes à son énigme de vie. Un voyage de révélation, d'où l'auteur sortira à jamais transformé.

Mais ailleurs que le vent
Un mot-clé? Pèlerinage. Pèlerinage vers la grande Chartreuse cosmique que l'on n'atteint jamais, où les hommes, promeneurs de destinée, sont pareils aux cailloux d'une chanson / rejetés par des pygargues de comètes / sur l'accotement / de la Voie lactée (« La chartreuse des champs », p.55).
Les mots du poète appartiennent aux croix de chemin, à ces lieux cultes hors de l'espace-temps, et nous entraînent jusqu'en Australie, dans la cosmogonie. Et la disposition des mots révèle des figures qui enveloppent physiquement un discours d'une élégante et sinueuse simplicité. Gilles Lacombe écrit dans un double mouvement d'expansion et de recueillement. Il va vers la trouvaille et communie avec l'oiseau, le brin d'herbe, l'étoile, l'infiniment minuscule...Regardeur sans inquiétude, passager du silence, il aborde dans ses «Reliques» les intervalles rieurs du coeur de Dieu (p. 163) et commet un crime de beauté dans le souffle et l'effleurement.
Et nous avançons dans cette poésie particulière comme sur un sentier de lumière, sans nous presser, sans nous blesser aux arêtes des mots, toutes antennes dehors, capteurs de la musique des sphères parmi les simagrées d'un bon dieu / sur la robe clinquante de ses sabots.
Mention spéciale - Prix littéraire Le Droit 2014
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